En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer une navigation simplifiée et la réalisation de statistiques de visites. Politique de confidentialité en bas de page. En savoir plus.

Piégeage de printemps 2021

Comme à chaque printemps, de nombreux appels au piégeage des fondatrices du frelon asiatique sont fortement diffusés par voie de presse et autres réseaux. Nous rappelons ici que ce piégeage est déconseillé en dehors d’un cadre scientifique.


Si, vous voulez tout de même piéger, merci de suivre ces recommandations :

  • Proscrire les pièges cloches ou bouteilles, car leur sélectivité semble particulièrement mauvaise, même avec des adaptations. Favorisez les pièges dit « boite à cônes ».
  • Privilégiez un maillage régulier (tous les 350 m) à moins d’1 km de ruchers qui ont subi des pertes l’année précédente (ITSAP, 2021).
  • Surtout, vérifiez régulièrement le contenu de vos pièges pour les retirer si vous observez trop de captures d’autres espèces. Vous pouvez nous communiquer les photos de vos contenus de pièges, avec les insectes séparés les uns des autres, et en précisant le type de piège et l’appât, via notre formulaire de signalement ou notre application INPN Espèces (pour l’identification de chaque spécimen indépendamment).
  • Une évaluation du Jabeprode® est également en cours, téléchargez le protocole et contactez-nous pour y participer.

Contenu d’un piège à bière type sans sélection (d’après Rome et al., 2011a)

Les pièges ne sont pas sélectifs. L’impact négatif de campagnes massives de piégeage sur les insectes et le bon fonctionnement des écosystèmes pourrait être plus important que celui du frelon lui-même (Rome et al. 2021). Même si des efforts sont faits pour améliorer la sélectivité des pièges, ils fonctionnent aujourd’hui tous sur le même principe : un appât attirant de nombreuses espèces d’insectes combiné à un système les filtrant par leur taille (les gros n’entrent pas, les petits peuvent ressortir). Toutes les études scientifiques concernant le piégeage de printemps contre Vespa velutina, avec des pièges bouteille ou cloche, qu’ils aient des systèmes anti-noyade ou non, ont montré qu’en moyenne plus de 99% des insectes capturés concernaient d’autres espèces (Dauphin & Thomas, 2009 ; Haxaire & Villemant, 2010 ; Rome et al., 2011a ; Goldarazena et al., 2015 ; Rojas-Nossa et al. 2018 ; Rodríguez-Flores et al. 2019 ; 96% Lioy et al. 2020 ; 95%, ne suivant pas toutes les recommandations des fabricants, Renoux et al. 2020). Même si les insectes ressortent, le séjour, même court, dans un piège peut avoir un impact sur leur survie ou leur fécondité (excès de chaleur, humidité, etc.). Mieux vaut privilégier des pièges de type grandes boites grillagées à cônes et avec un appât inaccessible afin de réduire le nombre d’insectes non cibles tués. Et surtout vérifier régulièrement le contenu des pièges afin de libérer au plus vite les insectes non cibles piégés voire retirer le piège. Un moucheron, même s’il ressemble aux autres, peut appartenir à une espèce rare.

L’efficacité du piégeage de printemps n’est pas démontrée. Cette espèce produit de très nombreuses femelles fondatrices (plus de 500 pour un gros nid ; Rome et al., 2015), et le printemps est la période où la mortalité des fondatrices de frelons comme de guêpes est la plus élevée, en grande partie du fait de la compétition intervenant entre individus d’une même espèce pour l’installation ou la possession d’un nid. Détruire certaines fondatrices à cette période ne ferait alors que laisser la place à d’autres (Cottam, 1948 ; Thomas, 1960 ; Gamboa, 1978 ; Edwards, 1980 ; MacDonald & Matthews, 1981 ; Bunn, 1982 ; Matsuura, 1984 ; Donovan, 1991 ; Archer, 2010 ; Archer, 2012 ; Monceau et al., 2012 ; Rome et al., 2013b). Une évaluation à large échelle de ce piégeage des fondatrices est financée par le Ministère de l’agriculture et portée par l’ITSAP. L’expérimentation a été menée dans 3 départements (Morbihan, Pyrénées-Atlantiques, Vendée) de 2016 à 2019, mais les analyses complexes sont toujours en cours. Même si des résultats préliminaires peuvent avoir été diffusés, ils sont à prendre avec prudence.

En dehors de la participation aux différents programmes de recherche et d’évaluation, il est conseillé de suivre les recommandations de la note de service du Ministère de l’Agriculture (DGAL/SDSPA/N2013-8082), à savoir :

  • éviter le piégeage préventif et printanier (effets sur d’autres espèces, efficacité non prouvée),
  • piéger uniquement au niveau des ruchers, du mois de juin à la fin de la période de prédation (généralement octobre-novembre),
  • détruire les nids le plus tôt possible, du printemps à la mi-novembre.

Plus de détails sont donnés dans notre page concernant la lutte.